Le quadricycle électrique vibrait sous mes doigts quand j’ai branché le câble tiède devant la borne TotalEnergies des Paluds. Je suis parti pour 7 jours, avec 80 km à avaler chaque jour, batterie à 100 %, puis retour le soir. Je suis rédacteur auto, donc j’ai gardé le même trajet, le même horaire et la même exigence de mesure. Je voulais voir si ce format tenait sans s’essouffler, pas juste sur un tour de quartier.
Le premier jour, j’ai vite vu ce que ça demandait vraiment
Le premier matin, je suis parti avant 7 heures avec une température fraîche et un ciel gris. J’ai gardé la batterie pleine, puis j’ai pris le mélange de centre-ville, voies rapides limitées et petits faux plats. Sur ce premier aller-retour, j’ai vu que le quadricycle aimait les rythmes calmes, sans à-coups. Un trajet avec mes deux enfants après l’école m’a aussi servi de repère, parce que la circulation était plus chargée.
Au volant, j’ai levé le pied plus tôt que dans une citadine classique. Les accélérations franches faisaient monter le bruit de roulement, puis la vitesse se posait mieux dès que je relâchais. J’ai utilisé le chauffage deux fois, puis le désembuage pendant 12 minutes quand les vitres ont blanchi. La buée revenait vite, et j’ai compris que chaque bouton allumé se payait sur la jauge.
Après 80 km, j’ai regardé l’écran avec attention. La jauge était tombée d’une seule barre sur la fin, puis elle semblait immobile pendant longtemps avant de plonger sur les 15 derniers kilomètres. J’ai noté un trajet de 1 heure 54, avec un petit écart selon les feux et les ralentissements. Je suis rentré sans stress, mais je n’avais plus la même marge qu’au départ.
Sur les pavés, j’ai senti des vibrations sèches dans les plastiques de l’habitacle. Ce n’était pas la mécanique qui m’a fatigué, c’était ce tapotement répété sous les coudes et derrière la planche de bord. À vitesse stabilisée, le bruit d’air et le léger sifflement de la chaîne de traction électrique remplissaient l’habitacle. Je l’ai noté dès la première journée, parce qu’en rue calme ça ressort plus vite.
Au fil des jours, j’ai dû m’adapter à des imprévus et à quelques limites
Le deuxième jour, le vent de face m’a pris dès la sortie du quartier. J’ai vu la consommation grimper plus vite dans la montée vers les plateaux, puis retomber un peu en ville. Par temps froid, l’autonomie affichée me donnait confiance jusqu’à midi, puis elle se mettait à courir plus vite. J’ai appris que le relief compte presque autant que la température.
Un après-midi, la jauge semblait encore large à midi quand je me suis arrêté pour un café au Bar des Platanes. Après la dernière côte, elle a perdu une barre d’un coup, et j’ai dû chercher une prise avant la fin du trajet. La vitesse a fini par rester plus basse, parce que j’avais gardé les relances trop vives sur les deux feux précédents. Je me suis retrouvé à surveiller l’écran plus que la route, et ça, je ne l’aime pas.
Dès le lendemain, j’ai remis les pneus à 2 bars pile. Le quadricycle a paru moins mou, et les ralentisseurs ont tapé un peu moins dans l’habitacle. J’ai aussi limité le chauffage au strict nécessaire et j’ai branché le câble dès mon retour, sans attendre le soir. Ce petit changement m’a rendu la jauge plus lisible le matin, surtout après une nuit complète de charge.
Au troisième branchement, j’ai senti une odeur de chaud au niveau de la prise après une longue nuit de recharge. Pas de panne, pas d’alarme, juste cette chaleur tiède qui m’a poussé à vérifier le branchement deux fois. J’ai laissé le câble plus libre autour de la borne, et l’odeur a baissé au fil des soirs. Sur ce point, je suis resté prudent, car je ne démonte pas la partie électrique moi-même.
Une fatigue inattendue s’est installée, mais pas celle du quadricycle
Le quatrième jour, je me suis senti plus usé que le quadricycle. Le trajet identique, la même route et les mêmes arrêts m’ont mangé la concentration, pas la batterie. Quand je roulais derrière une file de voitures, je guettais moins l’écran que mes propres épaules. Ce rythme répétitif m’a rappelé mes semaines de trajets maison école courses, quand je veux surtout éviter de me disperser.
Le bruit de roulement m’a paru plus pénible que la mécanique elle-même. À 45 km/h stabilisés, les pneus et l’air prenaient le dessus, et mon oreille n’avait plus de répit. Les vibrations sèches dans les plastiques revenaient sur chaque pavé, avec un petit cliquetis sous la porte. Après quatre jours, j’ai été convaincu que le vrai point dur venait de moi, pas du moteur.
Par vent latéral, la direction m’a semblé légère, presque flottante, surtout sur la voie dégagée. Je ne parle pas d’un vrai défaut de tenue, mais d’une sensation qui oblige à tenir le volant un peu plus fermement. Sur chaussée dégradée, le quadricycle bougeait davantage qu’une petite citadine, et je le sentais dans les mains. J’ai fini par éviter les gros dépassements de bande quand le vent s’est levé.
Pour ne pas finir rincé, j’ai coupé les trajets en trois blocs avec une pause courte au milieu. Je me suis arrêté boire de l’eau, regarder l’écran et souffler deux minutes, puis j’ai repris plus proprement. Cette habitude m’a aidé à garder un pied léger sur l’accélérateur. Je ne dis pas que cela change tout, mais la fatigue a baissé un peu.
Au bout de la semaine, j’ai un verdict clair sur ce que ce quadricycle peut faire
Au bout de 7 jours, j’avais accumulé 487 km au compteur du test. J’ai branché chaque soir, avec 6 recharges complètes et une recharge partielle après un retour tardif. L’autonomie réelle m’a paru glisser entre 50 et 80 km selon la météo, les relances et le chauffage. Sur la semaine, je n’ai jamais eu l’impression de tricher avec la mesure.
Le point fort, c’est la régularité quand je repars avec la batterie pleine et les pneus à 2 bars. Le point faible, c’est le chauffage, puis le désembuage, qui mangent la marge plus vite que je ne l’avais prévu. La conduite souple a nettement calmé les chutes de jauge, alors que les accélérations appuyées faisaient grimper le bruit et la fatigue. Je parle ici de mon trajet, pas d’un usage autoroutier que je n’ai pas testé.
Je le vois bien pour des trajets urbains et périurbains répétés, surtout quand la recharge se fait chaque soir. Pour quelqu’un qui accepte de rouler calmement et de surveiller sa batterie, j’ai trouvé le format cohérent. Pour une famille comme la mienne, qui cherche surtout un second véhicule de proximité, le calcul m’a paru lisible. Je n’irais pas le vendre à quelqu’un qui veut improviser une journée entière sans prise.
J’ai pensé au scooter électrique, parce que j’en ai déjà pris un sur des trajets courts, mais je n’y ai pas retrouvé le même abri. J’ai aussi comparé avec une voiture sans permis, et le quadricycle m’a semblé plus simple à garer, sans le même stress au branchement. Pour une faiblesse de batterie ou un doute sur le chargeur, je passe la main à un garage habitué à l’électrique. Mon œil de rédacteur auto me pousse à garder la même grille de lecture, sans surjouer le verdict.
Sur la borne d’Aushopping Aubagne, le soir, j’ai vu qu’il repartait encore plein après la dernière recharge. Pour quelqu’un qui recharge chaque nuit, accepte une vitesse de croisière calme et garde le chauffage sous contrôle, j’ai trouvé ce quadricycle cohérent. Je l’ai pris pour ce qu’il sait faire, et pas pour ce qu’il ne fera jamais. C’est un véhicule de routine, et dans ce cadre-là, il a tenu.



